Avec le confinement, les frontaliers se retrouvent au centre de tensions entre Suisse et Haute-Savoi
- Frontalier France Suisse
- 13 avr. 2020
- 2 min de lecture
Les nombreux travailleurs transfrontaliers qui naviguent entre le département français de Haute-Savoie et la ville suisse de Genève doivent composer avec des règles de confinement différentes de chaque côté de la frontière. Et se retrouvent au centre d’un différent entre responsables locaux.

Une passe d’armes à fleurets mouchetés, et à trois semaines d’intervalles. La Tribune de Genève récapitule les tensions apparues entre le sénateur de Haute-Savoie Loïc Hervé et Antonio Hodgers, président de l’exécutif cantonal genevois : “le coronavirus crispe les relations franco-suisses au sein du Grand Genève”. Mi-mars, alors qu’Emmanuel Macron venait de définir le dispositif de confinement prévu pour la France, Loïc Hervé s’était inquiété du fait que les règles prévues par la Suisse étaient alors beaucoup plus souples. “Nous avons des dizaines de milliers de frontaliers qui font des allers-retours chaque jour. Le télétravail doit être mis en place et le confinement renforcé en Suisse. Le même effort doit être réalisé”, arguait l’élu du groupe Union Centriste.
Certes, rapporte le quotidien, le sénateur savoyard s’est défendu de toute animosité contre le voisin helvétique en voyant la polémique gonfler. Ce qui n’a pas empêché le président du Conseil d’État de Genève de lui répondre dans une lettre ouverte (publiée par Heidi News le 10 avril). “Dans sa réplique, qui arrive trois bonnes semaines après l’amorce du litige, Antonio Hodgers s’en prend à une ‘perception caricaturale de la culture politique helvétique’” poursuit le journal de Genève.
Révélateur de rapports distincts à l’État
Les principes sanitaires sont de fait les mêmes des deux côtés de la frontière – avec la recommandation de limiter les contacts au strict minimum dans le cadre de la distanciation sociale – seules changent les règles d’application. Ainsi l’élu écologiste suisse estime que l’autodéclaration (pour les dérogations de sortie) ou les sanctions appliquées par les forces de l’ordre sont révélatrices d’un certain rapport à l’État, bien français :

Aucun incident diplomatique n’est pour autant en vue, à plus forte raison que Loïc Hervé joue l’apaisement. Il explique notamment que lors de ces trois dernières semaines, les modèles de confinement français et helvète se sont rapprochés. Et laTribune de Genèvede conclure :“Quant à la responsabilité des citoyens suisses et français, elle sera mise à l’épreuveen ce week-end pascal. Avec dans les deux pays une météo radieuse, hélas peu propice au confinement.”
Source: CourrierInternational.com
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