Changes : la Suisse placée sous surveillance américaine
- Frontalier France Suisse
- 14 janv. 2020
- 2 min de lecture
Le pays, qui mène un combat de longue date contre le franc fort, se retrouve dans le collimateur des Etats-Unis pour des dévaluations compétitives supposées. Il pourrait être qualifié de manipulateur de sa monnaie si ses interventions sur le marché pour affaiblir le franc augmentent en 2020.

Source: LesEchos.fr
La Suisse est dans le collimateur de Washington. Le pays vient d'intégrer la liste de surveillance établie par le Trésor et qui évalue la politique de changes de ses principaux partenaires commerciaux. La confédération helvétique satisfait deux des trois critères qui entraîneraient sa qualification de manipulateur de sa monnaie. La Suisse a un excédent commercial de 21,8 milliards de dollars avec les Etats-Unis. Son excédent courant représente 10,7 % de son produit intérieur brut (PIB).
Si ses interventions sur le marché des changes avaient représenté plus de 2 % de son PIB, contre 0,5 % (3 milliards de dollars) entre juin 2018 et 2019, la période d'observation du rapport, le pays aurait franchi la ligne rouge. Il aurait hérité du qualificatif de manipulateur du franc. De quoi affaiblir sa position dans de futures négociations commerciales avec l'administration Trump. Le marché américain reste très important pour de nombreuses industries suisses.
Démenti
Les autorités suisses ont immédiatement réagi en déclarant qu'elles« ne manipulaient pas leur devise pour un gain de compétitivité non justifié ». Les interventions de la banque nationale suisse (BNS), ont été modestes au regard des ventes massives de francs suisses qu'elle avait engagé par le passé notamment en 2017. Ces ventes ont repris à l'été dernier et début 2020, et les autorités américaines invitent le pays à faire preuve de davantage de transparence sur ses opérations sur sa monnaie. La BNS ne livre des informations sur ses interventions sur le franc qu'une fois par an dans son rapport annuel.
Franc trop cher
Elle envisage son action sur un mode défensif : la tendance à l'appréciation de sa monnaie, du fait de son statut de monnaie refuge , fait baisser l'inflation, et complique la réalisation des objectifs des autorités monétaires. Les industriels du pays (horlogerie, agroalimentaire…) critiquent régulièrement la cherté du franc qui pénalise la compétitivité de leurs exportations. La banque centrale juge encore aujourd'hui que sa monnaie est trop forte.
Devise refuge
En 2019, le taux de change nominal du franc suisse a progressé de près de 1,6 % et a cédé 0,2 % en termes réels (hors inflation). Cette année, les stratèges anticipent un affaiblissement de la devise helvétique. Le dollar gagnerait près de 1 % contre le franc et l'euro progresserait de près de 4 %, selon le consensus établi par l'agence Bloomberg. Ce scénario serait remis en cause en cas de détérioration généralisée et persistante des marchés et de la conjoncture. La monnaie suisse remonterait compte tenu de son statut de devise refuge incitant la BNS à intervenir sur le marché.
Source: LesEchos.fr
Comments