Neuf frontaliers haut-savoyards sur dix se déplacent en voiture
- Frontalier France Suisse
- 15 nov. 2019
- 2 min de lecture
En attendant le 15 décembre, le spectacle qui chaque jour se joue dès l’aube dans le bassin genevois demeure saisissant. Files ininterrompues d’automobiles, autant sur les grands axes qu’en campagne, sur ces chemins de traverse voués jadis aux tracteurs et aux écoliers à vélo. Ceux-ci ne s’y risquent plus guère. Le maraîcher se fait furieusement klaxonner et le scolaire a remisé, sur ordre parental, sa monture au garage. Les spécialistes nomment cela congestion: un afflux tel que le cœur de la cité peine à l’absorber. Sans compter la charge en toxines type CO2 qui s’abat. Une voiture, ça pollue. Alors 446 700! C’est le nombre de véhicules qui ont traversé quotidiennement les frontières cantonales en 2018, selon les chiffres de l’Etat de Genève.

Source: LeTemps.ch
Le trajet jusqu’à Annemasse se fait à contre-courant du flux, ce qui n’est pas déplaisant. Vu d’avion, quand il fait encore nuit, c’est beau comme des guirlandes sur un sapin. Depuis la terre ferme, ce serait plutôt un chapelet besogneux. Les abords de la gare de La Roche-sur-Foron, nœud ferroviaire qui envoie les trains vers Saint-Gervais-Le Fayet ou Annemasse, sont plutôt tristes sous le crachin. Les cafés alentour sont clos. Dans le hall, nulle trace d’employés de la SNCF. Le rideau de la billetterie est baissé. Les usagers font la queue devant un distributeur automatique. Pas de cheminot non plus sur les quais.
Il faut toquer à une porte réservée au personnel pour entrapercevoir l’uniforme et la casquette du chef d’escale, à peine trentenaire et fort aimable. Ce qu’il sait pour l’heure du Léman Express se résume à «ces trains test un peu fantômes qui passent de jour comme de nuit». Il sait aussi que les cadences seront augmentées, «un train environ toutes les 30 minutes aux heures de pointe, et il faudra 50 minutes pour rallier la gare Cornavin».

Le train est un bus
On retrouve des usagers non pas sur les quais mais sur la place de la gare. Le prochain train, celui de 8h12, est en fait… un bus. Le réseau ferroviaire haut-savoyard est vétuste et souvent doté d’une seule voie, ce qui limite l’envoi de trains. Ce département a toujours privilégié le routier. Conséquence: 92% des 86 000 frontaliers se rendent au travail en voiture.
«Lire, travailler, dormir dans le train»
Direction les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) accessibles depuis Bachet-de-Pesay par le tram. Il faut compter une vingtaine de minutes, en incluant un peu de marche. Le 15 décembre, le trajet se fera en six minutes en montant dans un train depuis la nouvelle gare enterrée. Le nouveau réseau «changera la vie» d’Agnès Reffet, chargée de communication à l’hôpital. Au début de sa carrière, elle prenait l’autorail depuis Annemasse. Désormais, le Léman Express lui fera gagner une heure par jour.
Source: LeTemps.ch
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