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Vers un péage urbain à Genève?

Alors qu’un projet de base légale est en consultation, une enquête d’opinion montre que les Suisses des villes et ceux des campagnes ont une vision diamétralement opposée d’une taxe d’accès aux centres-villes. La pandémie devrait avoir des effets durables sur la mobilité.


Le péage urbain a-t-il des chances d’être accepté en Suisse? C’est l’une des questions posées par le McKinsey Center for Future Mobility (MCFM) dans le cadre d’une enquête sur la mobilité de l’avenir menée auprès d’un millier de personnes et d’une quarantaine d’entreprises. Cette question est tout à fait d’actualité, car plusieurs projets ont germé en Suisse, à Genève, Berne, Bienne, Zurich, Bâle, Zoug, mais aussi dans des localités plus petites comme Sion, Zermatt, Verbierou Delémont. Le Conseil fédéral a mis un projet de base légale en consultation jusqu’au 17 mai. Il devrait permettre de tester une tarification différenciée entre les heures de pointe et les heures creuses.


L’enquête du MCFM est très instructive. Elle révèle que la population suisse est divisée sur la question des taxes d’accès aux centres des villes. «Les consommateurs sont partagés: 50% sont pour une telle redevance, 50% sont contre. Cela nous a étonnés. Le fait qu’une moitié se déclare favorable à un tel prélèvement est déjà un signe positif. Si l’on regarde le résultat plus en détail, on voit qu’il y a une légère majorité positive de 52% dans les grandes agglomérations et de 54% dans les villes de taille moyenne, alors que 57% de la population des régions périphériques y est opposée. Les jeunes sont plutôt pour, les plus âgés plutôt contre», résume Thibaut Müller, coauteur de l’étude.


7, 40 francs par jour

«Nous avons aussi cherché à savoir à combien une telle taxe pourrait s’élever. Une majorité estime qu’un montant de 5 à 10 francs inciterait les gens à renoncer à la voiture et à favoriser les transports publics», reprend-il. Pour la population, le point de bascule moyen se situerait autour de 7,40 francs par jour. Mais pour les entreprises, ce serait 5,10 francs au maximum. 40% des personnes sondées se disent prêtes à emprunter davantage les transports en commun si une taxe était exigée pour circuler en voiture en ville, mais 32% confient qu’elles ne changeraient pas ou peu leur comportement.


L’avis des entreprises est différent: 42% soutiennent l’idée d’un péage urbain, mais 46% y sont opposées. «La perception varie selon qu’elles sont elles-mêmes touchées ou non», précise Thibaut Müller. Celles qui sont actives dans la restauration, le commerce de détail, la construction et la logistique, qui ont beaucoup de livraisons et de transport de matériel à faire dans les zones urbaines, sont sceptiques face à l’idée de devoir payer pour atteindre les centres des villes. Elles considèrent cependant les embouteillages (72%) et la disponibilité des places de stationnement (56%) comme les deux grands problèmes qui se posent à elles.


Article rédigé par Bernard Wuthrich

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