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Étudiants frontaliers - "De moins en moins de ciel bleu à l'horizon"

Étudiants frontaliers à Genève De nombreux Français étudient à Genève. Satisfaits de la gestion de crise par leur université, ils sont toutefois seuls, en France, chez leurs parents.


"Nous avons reçu un mail en plein examen pour nous informer que l'on ne reviendrait pas en cours à l'université avant le 12 avril." La nouvelle a été dure pour Coralie Prost, 21 ans, étudiante en première année de master à l'Université de Genève. Elle a déjà terminé sa précédente année en cours à distance, chez ses parents à Sergy. Après être retournée à Genève à la rentrée, elle a dû revenir dans l'Ain en novembre à cause de la fermeture de l'université, et s'apprête donc à suivre un troisième semestre à distance. "J'avais un petit espoir de revenir. C'est dommage, car en visio j'ai beaucoup de mal à rester concentrée sur les cours. Je traîne sur mon téléphone et quand je finis le cours, je me rends compte que je n'ai rien compris." Laura Munier, camarade de classe de Coralie, confinée à Morteau, ajoute : "La période m'épuise. Je mets des heures à faire quelque chose qui devrait en prendre une. C'est dur de se motiver. Mes cours me plaisent, mais je ne suis pas allée à certains. On voit de moins en moins de ciel bleu à l'horizon."

La vie derrière un écran Ce qui manque aux étudiants, c'est le contact. Ils vont devoir travailler avec des professeurs qu'ils n'ont jamais vus. Laura appréhende : "Nous allons avoir notre sujet de mémoire. Je m'imaginais rester à la fin des cours pour discuter avec les profs. Là, je ne pourrai pas le faire. Les contacts se font par mail. Ils sont moins spontanés"

Autre source d'inquiétude pour les étudiantes : la peur du bug informatique. Une mauvaise expérience dont Bertille Triboulet, amie de Laura et Coralie, a fait les frais en plein examen en ligne : "J'ai eu une coupure d'Internet. Ça n'a pas duré longtemps, mais c'est un stress en plus. Au moindre problème, on peut ne pas valider son semestre, c'est nocif pour le mental." Laura a quant à elle remis son avenir entre les mains d'EDF, qui avait prévenu quelques jours à l'avance que le courant pourrait être coupé à cause de la neige. Heureusement pour elle, il n'en fut rien.

"De Genève, j'ai vu le tram et la fac" Enfermées chez elles, les trois amies subissent les différences de restrictions sanitaires entre les deux pays. "En Suisse, elles sont moins importantes. Pendant que nous étions confinées, nos copines suisses avaient le droit d'aller dans les magasins, de faire du ski, de partir en rando à l'autre bout du pays", déplore Laura. Coralie regrette les plaisirs simples comme partager un déjeuner à la cafétéria entre copines. Pour sa première année à Genève, Bertille n'aura quant à elle pas profité. "Je suis hyper frustrée, car le premier mois j'avais plein de charges, je n'avais pas d'argent pour les à-côté. J'ai seulement fait une sortie au cinéma. Je faisais l'aller-retour à mon domicile d'Annemasse tous les jours. De Genève, je n'ai vu que le tram et la fac."

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