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Pays de Gex : salariés, ils dorment dans la rue!!

Sur le territoire, la problématique du logement est cruciale. Et en cette période hivernale, elle prend de plus en plus d’ampleur. Encore de nos jours, des gens se retrouvent à dormir dans la rue…


Nous sommes encore en 2019, bientôt en 2020 et pourtant des personnes se retrouvent à dormir dans la rue, dans leur voiture, ou dans un hôtel et ce malgré un emploi stable. Les loyers dans le Pays de Gex affichent des prix exorbitants. Et lorsque le salaire n’est pas helvète, il est parfois compliqué de trouver une habitation, tant la liste d’attente pour un logement social est longue.



Trouver un travail, une chose simple contrairement au logement

Mehdi H. est arrivé dans le Pays de Gex au mois d’août, à la suite d’une séparation. « Je connaissais déjà la région. Je suis originaire du Jura. J’ai travaillé en Suisse il y a quelque temps. C’est à la suite de mon divorce que je suis venu m’installer définitivement sur le territoire. »


Immédiatement, l’homme de 43 ans trouve du travail. « J’ai tout de suite postulé dans une grande surface où j’ai été embauché en CDI. » Si du côté de l’emploi, Mehdi n’a pas eu de mal à trouver c’est n’est pas le cas du logement. « J’ai commencé à dormir dans des auberges, dans les hôtels. Je suis allé voir dans les mairies. J’ai réalisé de nombreux dossiers, mais rien n’avance. »


Dans sa voiture ou dans une chambre d’hôtel, le calvaire de Mehdi

Sans solution, l’homme n’a pas d’autre choix que de dormir dans sa voiture. « C’est compliqué, une nuit à l’hôtel ne coûte pas moins de 50 €. Je reste dans mon véhicule, dans le froid. Mes affaires sont entassées dans un garage que je loue à Saint-Genis-Pouilly. Au départ, je l’avais loué pour dormir à l’intérieur, mais je n’ai pas le droit, il y a des caméras. Le soir, je vais récupérer quelques affaires. Je baisse mes sièges à l’arrière et j’installe un matelas. »

Ensuite, Mehdi part s’installer sur un parking. « Je n’ai pas vraiment d’endroit précis. Il m’arrive de laisser ma voiture à Ségny, ou sur le parking de La Poste à Gex, plus sécurisé. Je m’enferme à l’intérieur. »

Les températures hivernales ont rendu la vie de l’homme encore plus difficile. « Je suis asthmatique, le froid n’arrange pas les choses. Je commence à ne plus sentir mes pieds. Ils gonflent. Je mange dehors tous les jours, c’est devenu très compliqué. Quand je vois que les températures sont en dessous de zéro, je prends une chambre d’hôtel, mais ce n’est pas une vie. »


« Nous sommes les victimes des frontaliers »

L’homme est aujourd’hui dans une situation des plus précaires. « Je suis déboussolé. Je ne sais plus quoi faire. Je veux simplement un logement pour pouvoir accueillir mes enfants. Lorsque je vais déposer mon dossier on me dit que je ne suis pas un cas prioritaire. Ils préfèrent louer à des gens qui travaillent en Suisse, mais nous ne sommes pas en Suisse, il faut penser à tous ces gens qui travaillent en France. Nous sommes les victimes des frontaliers. »


Une once d’espoir pour la suite

« J’ai pris la décision de démissionner de mon premier emploi le 27 novembre dernier. Je me suis tourné vers une autre grande surface à Ferney-Voltaire. Elle vous donne 200 € pour le logement en plus de votre salaire. Je signe mon contrat en CDI jeudi 12 décembre et je commence le vendredi 13. »

Lundi 9 décembre, après un énième déplacement auprès d’un bailleur social, Mehdi H. a obtenu une réponse. « Ils m’ont indiqué que mon dossier allait passer en commission le 19 décembre prochain. »


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